Compte rendu CGT des DP en Aquitaine du 5 avril 2018

 

 

 En ouverture de la séance, deux déclarations ont été lues  :

 Déclaration des personnels des locales de Bayonne, Périgueux et Pau

Les personnels des locales de Bayonne, Pau et Périgueux constatent qu’au prétexte de 2 jours fériés dans la même semaine (du 7 mai), la direction décide, purement et simplement, de fermer nos locales, ce qui signifie pour nos téléspectateurs 10 jours sans leur édition. En 25 ans d’existence pour Bayonne et 15 ans pour Périgueux et Pau, ce n’était jamais arrivé. Malgré les discours rassurants de la direction, dans les faits, cette fermeture est un mauvais signe de plus et un manque de considération pour les personnels de ces locales, nos téléspectateurs et nos missions de service public. Les personnels demandent que la direction revienne en arrière et permette que l’hyper proximité soit présente à l’antenne sans interruption.

 

 

Déclaration des élus DP CFDT, CGT, FO et SNJ :

Depuis plusieurs mois, les salariés des éditions locales tirent la sonnette d’alarme concernant leur charge de travail. En effet, ces personnels réalisent quotidiennement des reportages et/ou des directs pour deux éditions à la fois, avec des demandes différenciées selon les éditions (locale ou régionale). Ils font face à une augmentation croissante de leurs tâches sans que cela soit pris en compte dans leur temps de travail. Cette intensification du travail est un risque psycho-social majeur.
Les délégués du personnel souhaitent attirer l’attention de la Direction sur la situation préoccupante des salariés des locales de France 3 Aquitaine.

 

Réponse de la Direction  : Les remplacements sont faits « autant que de besoin  ». Un JRI de Bordeaux est détaché sur Pau où un poste est à pourvoir. Certaines demandes sont prises en compte. La direction réfléchit à prendre un alternant sur Pau. Elle fait confiance à l’intelligence de La rédaction en chef adjointe pour lui signaler une éventuelle surcharge.

 

Commentaire des élus de la CGT : Faire reposer la responsabilité de l’évaluation des besoins sur les rédacteurs en chefs adjoints des locales peut les exposer à un conflit de loyauté. Il est toujours compliqué pour un salarié, a fortiori pour un cadre, de reconnaître qu’il est en difficulté et qu’il ne répond pas à ce qu’il pense que la direction attend de lui (à savoir faire des économies d’ETP). D’autre part, évaluer objectivement le « autant que de besoin  », tout comme mesurer la charge mentale et tenir compte de la fatigue qui s’installe suppose la mise en place d’outils inusités à France 3 Aquitaine. La direction affirme que le Rédacteur En Chef échange tous les jours avec les Rédacteurs en chefs adjoints. Elle estime que ces derniers n’ont aucun intérêt à taire leurs besoins en CDD puisqu’ils ont aussi pour mission la bonne conduite de leurs équipes.

 

Compétences complémentaires PTA :

L’accord sur la mise en œuvre d’unités de compétences complémentaires à France 3 prévoit un point en DP. La direction avait donc prévu de nous en parler. Elle a distribué une première liste de salariés retenus. Des ajustements y seront apportés si besoin.

La CGT, signataire de l’accord s’inquiète de l’application de cet accord par la direction et a pu constater des écarts conséquents d’une Antenne à l’autre. Elle dénonce une iniquité inacceptable.

La direction affirme qu’il y aura nécessairement une homogénéité à terme. Il ne serait être question de mal déployer cet accord, parce qu’ensuite, il ne serait plus possible d’avancer sur ce sujet. Les grandes lignes ont été définies par le siège, mais le calendrier obligeait à enclencher le travail. Chaque chef de centre l’a fait, en son âme et conscience. Les particularités sont maintenant remontées au Siège qui devra arbitrer.

 

1 Quelle méthode a été retenue par le chef de centre pour reconnaître la pratique de compétences complémentaires par les salariés ?

2 Comment le chef de centre a-t-il procédé pour déterminer l’historique de pratiques de chaque salarié depuis 2013 ?

Fin 2017, la Direction a mené une analyse des plannings depuis juin 2013 pour identifier les vacations et les types d’émissions concernés. Elle a ensuite échangé avec les collaborateurs afin de recouper mais les plannings font apparaître l’essentiel. Un premier passage en paie a eu lieu en mars. Il y aura une  réactualisation tous les mois. Mais selon la direction, les ajustements se feront à la marge. Par la suite, la direction veut identifier en amont et faire figurer les CC sur les plannings.

3 CC Infographie : qu’est-ce qui justifie précisément la reconnaissance d’une compétence complémentaire d’infographie pour les salariés concernés ?

Réponse de la direction : seuls des Techniciens vidéo et quelques monteurs sont concernés. Les « palettes de flux » pour les éditions  (JT et DEP) ne sont  pas considérées comme un travail d’infographiste. Seules les palettes « complexes » ont été prises en compte par la direction, à savoir l’habillage et le générique de PAE par exemple. Il faut, toujours selon la direction, qu’il y ait eu une planification « palette » dans le local palette.

 

4 CC Mise en Lumière : qu’est-ce qui justifie précisément la reconnaissance de la pratique de la compétence complémentaire de mise en lumière pour les salariés concernés ?

Réponse de la Direction  : il faut qu’il y ait eu conception et mise en lumière d’une PAE et principalement l’utilisation d’un studio (assez rare) pour une nouvelle émission sans directeur photo.

Il avait été spécifié en négociation qu’en cas d’exercice à l’acte de cette CC, il fallait rémunérer les jours de repérage, de préparation en plus du jour de PAE. Cela a-t-il été le cas ?

Réponse de la Direction : il n’y a pas trace dans l’accord d’une telle prise en compte donc pour l’instant le temps de préparation n’a pas été retenu. La Direction interroge le Siège sur ce sujet. S’il le faut, des modifications seront apportées. Une réunion de l’Espace métiers consacrée aux compétences complémentaires est prévue ce 20 avril.

 

Question orale subsidiaire :

L’accord national de compétence complémentaire « mise en lumière » ne précise pas quel est le support d’attribution des primes à l’acte depuis 2013, la direction est-elle en mesure de nous préciser sur quels types de produits fabriqués cet accord s’applique lorsque les éclairagistes ont la responsabilité de cette mise en lumière ?

S’agit-il de multi Cams en studio ?

Réponse de la Direction : non, c’est dans le cadre du JT et ce cas de figure n’est donc pas prévu par l’accord.

  • De PAE ?  OUI sauf si un directeur photo ait intervenu.
  • Des enregistrements musicaux ? Non, la lumière a été conçue au départ par un réalisateur. Les électros la mettent ensuite en œuvre.
  • D’opérations multi Cams en extérieur ? d’un DSNG ? D’un CCR ? NON dans le cadre d’un JT.
  • De magazines (Cap Sud-Ouest, Txirrita, Enquête de région) ?
  • Non il s’agit d’une activité normale d’éclairo en équipe légère.
  • Est-ce au niveau national que les règles d’attribution de ces primes ont été fixées ?  cf. supra

 

5 CC Mise en image : Qu’est-ce qui justifie précisément la reconnaissance de la pratique de la compétence complémentaire de mise en image pour les salariés concernés ?

Réponse de la Direction : La mise en image des JT n’est pas comptabilisée. En revanche,

  • Les autres émissions sans réalisateur et Plein phare oui
  • Aquitaine matin également quand elle était réalisée à Bordeaux.

Comment sont prises en compte les PAE et la préparation de ces émissions pour l’exercice de cette CC ? Les émissions en direct avec DSNG, qui ne sont pas chartées et nécessitent une adaptation spécifique ont-elles bien été comptabilisées ?

Réponse de la Direction : les PAE sont prises en compte si elles se sont déroulées sans réalisateur. Pour le temps de préparation, même réponse que précédemment.  La locale de Bordeaux Métropole est une émission JT, donc elle n’est pas retenue.

 

6 Qu’est-ce qui justifie précisément la reconnaissance de la pratique de la compétence complémentaire de conception de contenus multimédia pour les salariés concernés ? Pourquoi si peu de reconnaissance en Aquitaine (110 euros ! pour visiblement 1 monteur-se) ?

Réponse de la Direction  : un seul produit a justifié la reconnaissance de cette CC  : la conception d’un web doc.

D’autres produits sont sujets à question. Une réponse du Siège est attendue. Il doit y avoir une notion d’autonomie, une conception et une réalisation seul du produit du début à la fin.

7 Que recouvre exactement l’exercice de la CC Mixage pour des monteurs d’Aquitaine ?

Réponse de la Direction : Les montages en mode nomade uniquement. Attention, il ne faut pas confondre la reconnaissance de la CC avec la prime de locale qui inclut  le mixage des sujets.

 

8 Qu’est-ce qui justifie précisément la reconnaissance de la pratique de la compétence complémentaire de gestion immobilière ? Pourquoi personne n’a-t-il été considéré comme éligible ?

Réponse de la Direction  : la gestion immobilière est assurée exclusivement par les salariés du service IMG en Aquitaine.

 

9 Quelle est la procédure en cas d’oubli par la direction de la reconnaissance de la pratique de CC de Gestion de l’antenne ?

Réponse de la Direction  : Les salariés estimant avoir été oubliés sont invités à se rapprocher des managers. Il y aura régularisation le cas échéant.

Mais la Direction estime qu’il s’agira plutôt d’oublis d’actes effectués  par des salariés déjà identifiés.

 

 Directeur photo ou pas…

 

10-  Début mai, la PAE sur l’esclavage bénéficiera de la présence d’un directeur photo. Quels sont les critères objectifs de la nécessité d’un directeur photo sur cette opération et pas sur d’autres ? Pourquoi cela n’est-il pas le cas pour les autres PAE ?

Réponse de la Direction  : l’enregistrement se fera en extérieur dans des conditions difficiles et dans un bâtiment en construction. L’Antenne et le réalisateur ont estimé que la complexité en termes d’éclairage et les attentes éditoriales dépassaient la compétence des éclairagistes. Du matériel spécifique sera loué.

L’arbitrage définitif n’est pas arrêté. Il est possible qu’il soit revu en fonction du décor et de l’avancement des travaux du bâtiment.

 

Jour férié

 11 Lorsqu’un intermittent travaille un jour, qu’il ne travaille pas le lendemain qui est un jour férié mais qu’il travaille le lendemain du jour férié, ce dernier est normalement dû.  Qu’en est-il lorsqu’un intermittent travaille le vendredi puis le mardi suivant lorsque le lundi est férié et le samedi et dimanche non travaillé ?

Réponse de la Direction : La règle est la suivante : le jour férié, pour être payé, doit être encadré par deux jours travaillés.

 

CDD

 12  : Actuellement les contrats des cdd sont limités.

Selon l’accord sur la régulation de l’emploi non permanents, il est cité : « privilégier la collaboration des non permanents ayant travaillé régulièrement avec France Tv » ; « reconnaître à leur avantage un droit d’accès prioritaire au comblement des besoins sous cdd ». Cela signifie t il que les rédactions doivent appeler en priorité les historiques ?

 

Réponse de la Direction : S’agissant des collaborateurs dits réguliers, la direction les fera travailler en priorité. Dans leur cas, une dérogation à la limite des 80 jours sera systématiquement accordée. L’accord n’est pas encore signé. Une nouvelle de réunion de négociations est prévue la semaine suivant ces DP.

 

 

LOCALES

13 Quand allons-nous recevoir la déclinaison du nouveau logo pour les locales ?

 Réponse de la direction  : Selon la Communication du réseau F 3, la liste fournie est complète. Les locales doivent utiliser le logo France 3 Nouvelle-Aquitaine. Il n’y aura pas de logo « .3 » suivi du nom de la locale. C’est volontaire. D’ailleurs, le nouveau papier à en-tête se limite à l’intitulé FTV.

Commentaire des élus de la CGT  : le choix assumé du Siège a le mérite d’être clair : elle ne communique plus sur les locales. Un enterrement ni vu ni connu ! ! ! ! !

 

14 Le personnel des locales tient à remercier la direction de France 3 Nouvelle Aquitaine, de lui permettre de bénéficier d’un pont conséquent et inespéré entre le 4 et le 14 mai prochain.

En effet, pour des raisons obscures de couverture de l’actualité, de continuité de l’info, les salariés s’étaient résolus à ne pas, tous en même temps, poser de congés autour de ces deux jours fériés. Ils nourrissaient en leur cœur un sentiment de culpabilité de devoir abandonner leurs téléspectateurs fidèles, se faisaient des nœuds à l’estomac, ne sachant choisir entre caméra ou expedia. C’est donc décidé, il n’y aura pas de locales pendant 10 jours. Est-ce un choix douloureux pour la direction ? Ou un choix de raison ? si elle nous met tous en congés pendant 10 jours : c’est pour tous nous retrouver le 14 mai, plus en forme que jamais, nous voir assurer nos missions du quotidien, les tournages, les montages, les éditions, les directs, les aviwests et les infos pour le web le cœur en joie et le corps reposé est-ce la seule solution pour assurer enfin,  aux locales un avenir radieux, au cœur de nos territoires ?

Réponse de la Direction  : la décision a été prise par la Directrice Régionale et annoncée en CE.

A l’origine, il avait été imaginé de maintenir le lundi puis le mercredi et, à nouveau, le vendredi. Mais cette proposition éditoriale n’était pas cohérente. Il n’est pas prévu que la Direction revienne sur sa décision mais cette mesure ne devrait pas être renouvelée.  Il aurait fallu remplacer (en partie) les salariés et recourir à des CDD. Sous Gérard Vallés, les locales avaient déjà été fermées pendant les vacances de Noël. Le Journal régional sera étendu à la tranche des locales.

 

Commentaire des élus : l’ironie de la question traduit un profond attachement des salariés à leur locale et à leur service public. Ils avaient anticipé ces jours fériés,  étaient prêts à faire un réel effort dont la direction n’a pas tenu compte. C’est à la direction d’organiser les congés. Et non l’inverse.

 

 

Question commune SNJ, CFDT, CGT

Lors de la réunion de DP du 1er mars la direction a été interrogée (question 17) sur un certain nombre de sujets (culture, portrait, salon) tournés par un journaliste bi-qualifié de la locale de Périgueux, vous nous avez répondu par écrit « si le collaborateur est bi-qualifié il peut partir seul en tournage « .  Nous estimons que cette réponse n’est absolument pas conforme à l’accord collectif qui stipule :

« Les parties entendent réaffirmer le principe selon lequel l’effectif normal d’une équipe de reportage comporte au minimum deux journalistes « (article 2.2 page 182)

« A titre exceptionnel et compte tenu des urgences liées à l’actualité, l’effectif d’une équipe de reportage peut comprendre au minimum un journaliste à la seule condition que celui-ci soit titulaire d’une compétence complémentaire de niveau 1 ou de niveau 2 » (article 2.2.4.1 page 184) 

-un journaliste bi-qualifié (compétence complémentaire niveau 2) peut « tourner seul des sujets ou reportages proposés par lui-même ou à la demande motivée de sa hiérarchie en fonction de l’urgence liée à l’actualité non prévisible et dans les conditions de sécurité requises dont la direction assurera le respect ( article 2.2.4.3 page 185) 

A la lecture de ces 3 articles il apparaît clairement que les critères d’un tournage seul n’étaient respectés dans aucun des tournages concernés, les élus DP SNJ, CFDT et CGT de France 3 Aquitaine vous demandent quelles mesures vous allez prendre pour faire respecter, au plus vite, dans chaque rédaction l’esprit et la lettre de cet accord ? 

Réponse de la direction  : La Direction n’a pas tout à fait la même lecture de l’accord. Ces jours-là, l’équipe était composée d’un seul journaliste parce que son collègue était malade. Le salarié a proposé le sujet. La Direction ne peut pas le refuser. Rien ne lui a été imposé. Parmi les 6 sujets beaucoup se sont tournés en week-end. Le JTR ne pouvait pas s’en passer.

Commentaire des élus : cette question ne vise pas à stigmatiser un salarié. Ce n’est pas un problème de personne. Mais l’ensemble des salariés de FTV doivent respecter les accords de l’entreprise et la direction a la responsabilité d’y veiller. En aucun cas « le volontariat » d’un salarié ne peut être opposé à la bonne application d’un accord signé par la Direction et des organisations syndicales. Nous n’en avons pas la même lecture.

 

 

Question orale : qui est aussi une lettre à la direction du personnel intermittent qui travaille en ce moment su la série « Mongeville »

Nous avons découvert ce vendredi 30 mars que l’avance qui nous est faite pour la paye de ce mois travaillé ne s’élève qu’à 50 % du salaire «  conforme au barème en vigueur dans l’entreprise », soit environ 35 % de nos salaires (selon les minima syndicaux précisés dans la liste des « salaires dérogatoires » pratiqués par FTV).

Les salaires sont dus au premier du mois. Or, il se trouve que FTV ne procède à la «  mise en paye » que vers le 10 du mois, temporisation à laquelle s’ajoute un délai supplémentaire – inexpliqué – qui veut que le versement effectif ne se réalise que deux semaines environ après cette date (nous avons ainsi reçu la globalité de notre salaire pour le mois de février au 28 mars !)

C’est ce délai qui nous contraint à demander une avance mais celle-ci se révèle aujourd’hui très insuffisante.

Cela relève d’une absence de considération que rien ne saurait justifier car selon des collègues travaillant avec d’autres antennes (Lille, Marseille), ce problème n’est récurrent qu’à Bordeaux…


Nous demandons donc que nos salaires nous soient versés dans le temps raisonnable prévu par la loi (1ere semaine du mois). Ou, à tout le moins, que nous soit proposée une avance décente – qui nous permette de vivre, alors que nous sommes sous contrat avec FTV !

Réponse de la Direction : elle est consciente du problème.

Commentaire des élus de la CGT : cette situation est inacceptable et FTV est dans l’illégalité. S’il le faut, nous saisirons l’inspection du travail.

 

La prochaine réunion des DP se déroulera le 3 mai.

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