Déclaration des élus CGT au CE du 20 octobre 2017

Première victime du plan d’économie de 50M€ sur France Télévisions : le projet de chaîne régionale sur ADSL en Nouvelle Aquitaine. En effet, le Conseil Administration (CA) de l’entreprise n’a pas souhaité hier valider en l’état le projet de Contrat d’Objectifs et de Moyens (COM) avec la Région Nouvelle Aquitaine. Car pour les représentants de l’État, à quoi bon lancer un projet de développement dans les circonstances actuelles ? Un report de la décision au CA de décembre a tout de même été acté.

La CGT se demande si ce projet va réellement pouvoir aller au bout dans le contexte général actuel de l’entreprise. Ce n’est visiblement pas un problème de coût (il est faible). Juste que certains ne veulent tout simplement plus de projet à France Télévisions, quel qu’il soit, ils n’ont en tête que la restructuration et les économies.

Cet éventuel abandon du projet NAq TV serait un gâchis monumental et une immense déception pour les salariés de Nouvelle Aquitaine, une occasion ratée de créer une véritable chaîne régionale avec la modernité des codes du numérique.

Les salariés retourneront alors à leurs problèmes quotidiens en commençant par celui des éditions locales dont le COM avec la région garantissait le maintien pour 3 ans.

Un vote doit tout de même avoir lieu mardi 24 octobre en séance plénière du Conseil Régional et la CGT espère que nos élus régionaux sauront montrer la voie à l’actionnaire de France Télévisions.

Le 17 octobre, de nombreux salariés de France Télévisions se sont mobilisés pour dénoncer cette énorme et brutale coupe budgétaire que l’État veut nous imposer. Les salariés et leurs représentants ont contesté publiquement et bruyamment devant l’Assemblée Nationale cette politique de gribouille, mue par aucune stratégie visible, si ce n’est celle de la casse du service public. Aucun débat, puisque l’exécutif est intervenu pour supprimer 400 amendements sur le PLF 2018 dont celui visant à réduire l’effort sur FTV de 50 à 30M€.

Ironie de l’histoire, le COM de FTV a été négocié lorsque M. Macron était encore le patron de Bercy en 2016. Et M. Schwartz, l’actuel directeur de cabinet de la ministre de la Culture, préconisait alors dans son rapport éponyme la nécessité d’une stabilité financière et économique pour l’entreprise. L’État renie donc sans complexe sa propre signature sans pour autant indiquer un nouvel axe stratégique autre que celui des économies. C’est cela le macronisme ? L’inconséquence de l’État ?

En Occitanie, Carole Delga, la Présidente de la Région, avait manifesté lors de ses vœux en janvier 2017 son désir pour “un média régional qui redonne du lien pour faire connaître les initiatives et les talents sur tout le territoire”, tout en estimant que “France 3 ne remplit pas ce rôle actuellement”.

Mme Delga a raison, France 3 ne joue plus ce rôle actuellement. Plus assez en tout cas. La faute aux plans d’économies successifs décidés à la fois sous Sarkozy et Hollande qui privent nos stations régionales des moyens nécessaires. La crise des locales en est une belle démonstration.

Se tourner vers le privé serait une erreur car l’objectif du privé n’est pas le lien social entre les citoyens. Seul le service public, de par son maillage et son objet désintéressé du profit peut mener à bien cette mission.

La CGT appelle la Présidente de la Région Occitanie à travailler de concert avec la direction de France Télévisions afin de trouver les voies et moyens d’une montée en puissance des programmes régionaux de France 3 et atteindre cet objectif de l’amélioration du lien social en Occitanie.

On ne peut éluder d’autres problèmes internes. Comme celui des locales en Occitanie, qui n’est pas réglé et dont le sort reste flou ou celui des fictions à la filière de production. Les personnels de la production de Bordeaux, CDI et intermittents, se sont massivement mobilisés à plus de 90% le 17 octobre pour protester, en plus du reste, contre l’hypothèse d’un arbitrage à 4 fictions en 2018 pour leur site.

Nous demandons une nouvelle fois solennellement à la direction le maintien des éditions locales et une équi-répartition des fictions entre les 4 sites concernés en 2018.

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